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Globalisation

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Comprendre la globalisation!
Michel CELI VEGAS

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Ces 10 dernières années, le monde a subi -et continuera à subir- les effets de la globalisation. Que signifie ce terme, "globalisation? De nombreuses théories et expériences essaient d'expliquer ce phénomène. Les réponses sont très différentes, selon que l'on s'intéresse à ses causes ou à ses conséquences. Je ne prétends pas faire ici une analyse détaillée. Cependant, j'aimerais seulement faire quelques commentaires qui répondent à l'équation suivante: productivité industrielle = meilleure productivité = chômage. La productivité industrielle.


Le progrès technique et surtout la libéralisation de la communication et de l'information ont représenté les éléments déclenchants. Ce phénomène a débuté aux Etats Unis, au début des années 80 et, aujourd'hui, à l'orée du IIIe millénaire, s'est propagé sur tous les continents, avec des degrés différents selon la structure interne de chaque pays.


Il y a 20 ans, jamais nous n'imaginions que les grandes entreprises, qui s'étaient faites leur place sur le marché mondial, grâce à leurs ressources humaines et technologiques, s'associeraient un jour avec leurs concurrents. Les fusions, restructurations, rachats, ou toute autre transaction d'actifs des entreprises, sont le simple reflet de l'adaptation des grandes entreprises aux nouvelles conditions du marché. Citons simplement quelques exemples: dans le secteur bancaire, UBS et SBS, dans le monde de l'informatique, Digital et Compaq; dans le monde de l'audit international, Coopers & Lybrand et Price Waterhouse; dans l'industrie pharmaceutique, Ciba Geigy & Sandoz; et l'automobile, Volkswagen et Rolls Royce, etc.


La liste est plus longue et surtout touche tous les secteurs. Ce qui est avant tout significatif, c'est la transformation de l'optique traditionnlle de l'entreprise: pour être compétitive, maintenir son rang sur le marché et adapter la rationalisation de ses ressources, l'entreprise doit désormais considérer, non seulement sa structure industrielle (gestion de ses propres actifs) mais également essayer de gérer les actifs d'autres entreprises; i.e. considérer les opportunités présentes sur le marché international. Les termes traditionnels, tels que liquidité, actifs, passifs, sont considérés dans une optique globale, en fonction de leur rentabilité présente et future, dans un nouveau contexte concurrentiel d'alliances d'entreprises.


Ces alliances déploient des effets multiplicateurs dans certains pays. L'économie nord-américaine n'a cessé de s'accroître ces dernières années. Au contraire, l'économie des pays asiatiques est actuellement en crise à cause, notamment du surendettement des entreprises, qui ne trouvent appui que sur leurs seuls actifs (rapport dette/capital est de 400-600%), de l'arrivée de produits concurrents sur le marché et/ou produits alternatifs des autres régions. En résumé, la spécialisation des entreprises asiatiques, qui ont négligé la présence d'autres actifs sur le marché, explique en partie la crise actuelle de leurs systèmes de production.


La productivité de la bourse.
Lors de la réalisation d'une restructuration, tous les outils informatiques sont capables de nous communiquer les cotations de l'entreprise "X" ou "Y", vendue ou achetée par son concurrent. Tout le processus s'est effectué dans une anti-chambre, en retrait du marché, afin d'éviter de déstabiliser le système financier avec des spéculations qui auraient pu le plonger dans une nouvelle crise. La fusion réalisée, les autorités des pays concernés, entérinent les accords.


Juridiquement, la fusion crée une entité nouvelle. Economiquement, elle crée des techniques nouvelles, modifie les marchés et génère des disparités distributives. Financièrement, la fusion est la formule la plus adaptée à la survie dans une économie hautement concurrentielle. La révolution à laquelle nous assistons est le fruit d'une transformation technologique des sociétés développées et plus particulièrement de la société nord-américaine. Nous ne pouvons pas continuer à penser que les ressources naturelles et les connaissances techniques, physiquement réunies sur une zone définie, déterminent à elles seules la perfomance d'une entreprise ou plus généralement d'un pays. Les entreprises mettent en second plan les centres de production de biens et de services traditionnels; sa place sur le marché ne se renforcera que si elle détient une innovation plus perfomante que ses concurrents. La cotation en bourse est ainsi le premier indicateur qui mesure la place d'une entreprise sur le marché. Faisant appel à des termes sportifs, nous pouvons dire que nous assistons à une compétition de vélocité plus que de résistance.


Le résultat inmédiat de la restructuration est la re-capitalisation et la revalorisation de l'entreprise. Ces processus, d'ordinaire sont fort onéreux: application d'une nouvelle stratégie de l'entreprise, adaptation d'un nouveau système informatique, de nouvelles motivations pour les travailleurs, etc. La sélection des associés potentiels de la "nouvelle entreprise" doit s'effectuer en fonction de la projection du résultat des actifs et passifs, à moyen terme.


Le chômage
Toute restructuration produit du chômage. Les fonctions traditionnelles de l'employé de banque, de l'économiste, de l'analyste de marché, de l'avocat, etc. ont été instantanément supprimées avec la mise en place de la nouvelle stratégie de l'entreprise. Le chômage et les disparités salariales seront d'autant plus visibles, dans un monde où la spécialisation renforce le processus de restructuration des entreprises.


Le travailleur spécialisé, indispensable dans les années 80, se retrouve au chômage. Il reste indispensable seulement s'il s'adapte à la nouvelle stratégie de l'entreprise. Il devra non seulement prendre en compte ses propres actifs (connaissances et techniques) qui lui ont permis d'intégrer "l'ancienne entreprise" (déjà obsolète), mais aussi prendre en considération le développement technique. Le nouvel ouvrier ou le nouvel employé sera facilement intégré au marché du travail offert par les nouvelles entreprises, seulement si, en plus des outils dont il disposait avant, il est aussi capable maintenant de manier en plus, les outils informatiques, le marketing, l'administration et les langues.


Le chômage se manifieste de manière différente d'un pays à l'autre. Aux Etats Unis, il a été atténué par la création des petites et moyennes entreprises qui ont pris le relais pour offrir les services dérivés de la globalisation. En Europe, la récession s'est amplifiée à cause de la restructuration de certaines grandes entreprises, augmentant ainsi le chômage d'autant plus. Elle a encore été renforcée par la création de l'Espace Economique Européen. Ainsi les efforts fiscaux auraient du être encore plus importants, afin de rééquilibrer le tissu social. En Asie, la crise financière a aggravé la récession et le chômage. En Amérique Latine, la libéralisation de l'économie, résultat de l'expansion consécutive à la privatisation des entreprises d'Etat, a également produit du chômage.


Actuellement aucun agent de la vie économique ne se sent capable de contrôler les effets de la globalisation. La conclusion est quasi unanime. Il faut s'adapter à la globalisation, être plus productif et restructurer les bases sociales traditionnelles. Dans ce contexte, la productivité économique doit s'accompagner d'une certaine équité sociale, réalisable grâce à l'aide de l'Etat, du patronat et des syndicats. Il est de fait impératif d'adapter les formations universitaires et de créer des centres de formation spécialisés, sans négliger les besoins de base de la population.


Le développement technologique exige plus, d'une manière plus rapide et à un prix concurrentiel, conformément aux nouvelles règles du marché. Cette description donne une vision de la nouvelle réalité, que l'on ne peut pas ignorer. Ce qui suit illustre les changements réalisés sur la population: à cause de la globalisation, la période de l'adolescence s'est allongée: elle débute à l'âge de 9-10 ans, avec la découverte des nouveaux progrès technologiques et se termine à l'âge de 30 ans, avec l'octroi d'un travail à responsabilités.


Quels sont les effets de la globalisation sur les petites et moyennes entreprises et quelles sont leurs perspectives pour l'avenir?. La plupart des artisans a disparu. Les entreprises rescapées de la globalisation subissent la ligne de conduite imposée par les grandes entreprises et essaient de s'intégrer dans les échelons laissés vides grâce au développement technologique. Beaucoup d'entreprises se développent dans les pays émergents, choisis sciemment afin de bénéficier de coûts de production moindres. Si seule cette condition a permis le développement du capital, ses caractéristiques sont différentes. Un pays sera plus attractif car son gouvernement autorisera la réalisation d'innovations technologiques, dans une économie de marché hautement compétitive. C'est l'une des raisons principales, évoquée par les économistes libéraux, pour justifier la signature de l'Accord Multilatéral des Investissements de l'OCDE.


Quelles sont les limites de la globalisation?. Les limites ne viendront pas de l'approbation de lois ou conventions qui bloquent ou régularisent le marché mais d'un système financier lui-même. Comme dans tout cycle économique, les périodes de "boom" sont suivies par des "crises". Cependant, dans la crise que nous traversons actuellement, les pays développés sont touchés de manière différente. Il en va de même pour les pays émergents. Souvenons-nous cependant que les salaires aux Etats Unis ne commencent à augmenter qu'aujourd'hui, générant directement une pression sur le secteur monétaire. Une augmentation des taux d'intérêt aurait des répercussions significatives sur l'économie mondiale: l'industrie entrerait alors directement dans une nouvelle période de récession et la bourse serait alors certainement soumise à des nouvelles turbulences.


REVUE PACE/1998 - Genève, Juin 1998

Michel CELI VEGAS, Avocat, Economiste, Diplômé en relations internationales. Consultant International et Président du Centre d'Echanges et Coopération pour l'Amérique Latine- CECAL. Genève. Suisse.

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por adminÚltima modificación 06/01/2006 12:50