Toledo doit appliquer des mesures concrètes
Toledo doit appliquer des mesures concrètes pour atténuer les problèmes du peuple (le 28 juillet 2001)
Michel CELI VEGAS, Président du Centre d’Echanges et Coopération pour l’Amérique Latine-CECAL, Genève-Suisse, www.cecal.net
Le 28 juillet, Alejandro Toledo deviendra le Président constitutionnel du Pérou. Après l’éviction du pouvoir de M. Fujimori et la reconstruction des institutions par le gouvernement transitoire de M. Paniagua, les Péruviens ont l’espoir d’un changement des conditions économiques actuelles.
Le scénario politique péruvien s’est transformé rapidement et toutes les actions entamées depuis novembre dernier -date de l’abandon de la Présidence par M. Fujimori- essaient de punir les responsables et complices de la corruption instaurée par le « Fuji-montesinisme » Ainsi les groupements créés ces dix dernières années (Cambio 90, Cambio 90-Nueva Mayoria, Peru 2000) ont été effacés du pouvoir : les 3 seules représentantes dans le nouveau parlement risquent d’être accusées de corruption. Les fonctionnaires complices suivent des procédures judiciaires et certains sont déjà incarcérés. Vladimiro Montesinos, « l’éminence grise des gouvernements Fujimori » est aussi incarcéré après son arrestation au Venezuela : par comble du destin, il séjourne dans l’une des cellules que lui-même avait fait construire pour les délinquants les plus dangereux ; il partage les installations de la prison de la base navale du Callao avec les leaders des groupes terroristes Abimael Guzman du Sentier Lumineux et Victor Polay Campos du Tupac Amaru. Alberto Fujimori, en s’emparant de sa très controversée nationalité japonaise, est encore libre au Japon. Mais ses jours semblent comptés.
Le scénario économique est le défi majeur que doit affronter le gouvernement Toledo. Son premier cabinet ministériel sera composé de personnalités venues des cercles économiques et sociaux divers et compte sur une certaine réputation professionnelle. Il tentera la reconstruction économique, mais ce ne sera pas facile. Les mesures pour favoriser le peuple prendront encore des mois et les décisions du Président Toledo risquent de ne pas coïncider avec les promesses du candidat Toledo. La composition des forces politiques au Parlement aura le dernier mot dans les décisions à prendre.
Les expériences faites dans les pays voisins peuvent illustrer les possibles scénarios auxquels Toledo sera confronté. Au Mexique, le gouvernement n’a pas pu résoudre les problèmes des Chiapas. Rappelons que dans sa campagne, M. Fox avait dit que le conflit des Chiapas pouvait se résoudre en 15 minutes. Après les marches des Indiens de mars dernier, les lois approuvées par le gouvernement semblent ne pas tenir compte des droits réclamés par les indigènes. L’Argentine passe par l’une des crises la plus terrible de son histoire. M. De la Rua qui est arrivé au pouvoir avec le parti de l’ancien Président Alfonsin -en opposition de Menen- a du céder et appeler M. Domingo Cavallo -ancien Ministre de Menen, son prédécesseur- pour redresser l’économie. Au Venezuela, la figure emblématique de Hugo Chavez instaure une certaine instabilité et l’application des mesures populistes en faveur des moins défavorisés semblent encore se faire attendre. Bref, la réalité politique a démontré que la solution aux problèmes économiques qui sont à la base de tous les gouvernements ne peut pas être exécutées selon les planifications et dans les conditions annoncés lors des promesses électorales.
Toledo devra passer immédiatement à l’application de mesures économiques concrètes. L’aide financière externe qu’il a annoncée doit être destiné à la création d’emplois. Le peuple péruvien lui a donné un sursis pour son gouvernement et l’a remercié pour le courage qu’il a eu en tant qu’opposition à la dictature Fujimori, en l’élisant Président. Mais le peuple ne peut pas rester tranquille si ses problèmes de base ne sont pas atténués ou résolus. Toledo doit maintenir sa promesse «croissance avec visage humain » s’il ne veut pas être contesté par le peuple. Un peuple qui pendant des années a été victime de frustrations et de promesses non-accomplies.
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Le scénario politique péruvien s’est transformé rapidement et toutes les actions entamées depuis novembre dernier -date de l’abandon de la Présidence par M. Fujimori- essaient de punir les responsables et complices de la corruption instaurée par le « Fuji-montesinisme » Ainsi les groupements créés ces dix dernières années (Cambio 90, Cambio 90-Nueva Mayoria, Peru 2000) ont été effacés du pouvoir : les 3 seules représentantes dans le nouveau parlement risquent d’être accusées de corruption. Les fonctionnaires complices suivent des procédures judiciaires et certains sont déjà incarcérés. Vladimiro Montesinos, « l’éminence grise des gouvernements Fujimori » est aussi incarcéré après son arrestation au Venezuela : par comble du destin, il séjourne dans l’une des cellules que lui-même avait fait construire pour les délinquants les plus dangereux ; il partage les installations de la prison de la base navale du Callao avec les leaders des groupes terroristes Abimael Guzman du Sentier Lumineux et Victor Polay Campos du Tupac Amaru. Alberto Fujimori, en s’emparant de sa très controversée nationalité japonaise, est encore libre au Japon. Mais ses jours semblent comptés.
Le scénario économique est le défi majeur que doit affronter le gouvernement Toledo. Son premier cabinet ministériel sera composé de personnalités venues des cercles économiques et sociaux divers et compte sur une certaine réputation professionnelle. Il tentera la reconstruction économique, mais ce ne sera pas facile. Les mesures pour favoriser le peuple prendront encore des mois et les décisions du Président Toledo risquent de ne pas coïncider avec les promesses du candidat Toledo. La composition des forces politiques au Parlement aura le dernier mot dans les décisions à prendre.
Les expériences faites dans les pays voisins peuvent illustrer les possibles scénarios auxquels Toledo sera confronté. Au Mexique, le gouvernement n’a pas pu résoudre les problèmes des Chiapas. Rappelons que dans sa campagne, M. Fox avait dit que le conflit des Chiapas pouvait se résoudre en 15 minutes. Après les marches des Indiens de mars dernier, les lois approuvées par le gouvernement semblent ne pas tenir compte des droits réclamés par les indigènes. L’Argentine passe par l’une des crises la plus terrible de son histoire. M. De la Rua qui est arrivé au pouvoir avec le parti de l’ancien Président Alfonsin -en opposition de Menen- a du céder et appeler M. Domingo Cavallo -ancien Ministre de Menen, son prédécesseur- pour redresser l’économie. Au Venezuela, la figure emblématique de Hugo Chavez instaure une certaine instabilité et l’application des mesures populistes en faveur des moins défavorisés semblent encore se faire attendre. Bref, la réalité politique a démontré que la solution aux problèmes économiques qui sont à la base de tous les gouvernements ne peut pas être exécutées selon les planifications et dans les conditions annoncés lors des promesses électorales.
Toledo devra passer immédiatement à l’application de mesures économiques concrètes. L’aide financière externe qu’il a annoncée doit être destiné à la création d’emplois. Le peuple péruvien lui a donné un sursis pour son gouvernement et l’a remercié pour le courage qu’il a eu en tant qu’opposition à la dictature Fujimori, en l’élisant Président. Mais le peuple ne peut pas rester tranquille si ses problèmes de base ne sont pas atténués ou résolus. Toledo doit maintenir sa promesse «croissance avec visage humain » s’il ne veut pas être contesté par le peuple. Un peuple qui pendant des années a été victime de frustrations et de promesses non-accomplies.
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