Contre le travail forcé, le BIT veut allier
Contre le travail forcé, le BIT veut allier la prévention à la répression (le 26 juin 2001)
Michel CELI VEGAS, Président du Centre d’Echanges et Coopération pour l’Amérique Latine CECAL, Genève
La 89ème session de la conférence du travail s’est déroulée du 5 au 21 juin au Palais des Nations à Genève. Le rapport présenté par son Directeur Général, M. Juan Somavia, s’est intitulé « Halte au travail forcé ». La situation décrite préoccupe tous les acteurs internationaux, car les Etats, les entreprises et les travailleurs n'ont pas le choix et doivent étudier des solutions de rechange, et cela dans un effort conjoint en partenariat avec les autres organisations internationales.
Les conventions 29 et 105 du BIT qui traitent de l'élimination du travail forcé ou obligatoire sont les éléments de base qui permettent de lutter contre diverses formes d'exploitation des personnes. Leur application dépend de la volonté des organes juridictionnels de chaque gouvernement. La mondialisation, caractérisée par une concurrence sans limite des grandes entreprises, favorise l'exploitation des travailleurs. Si bien il y a des lois qui sont imposées par le marché et par les capitaux, il faut aussi reconnaître que le facteur humain-le consommateur final- est indispensable à la viabilité du circuit économique.
Quelles seraient les perspectives de la communauté internationale si on ne prenait pas les mesures nécessaires pour éliminer le travail forcé? Il faut que des mesures soient prises à temps si l'on ne veut pas être confronté à des problèmes énormes.
En ce qui concerne les enfants, le travail forcé est une des violations les plus flagrantes du développement de l'humanité. Obliger des enfants à travailler signifie porter atteinte à leur développement physique et psychologique, c'est en même temps les priver de leurs droits à l'éducation.
Les adultes, quant à eux, se sentent obligés d'accepter des salaires très bas et des conditions de vie précaires pour trouver tout simplement un emploi. Les migrations pour raisons économiques, en général, conduisent à établir des strates informelles et illégales dans les régions et les pays qui les accueillent. Cette situation, si elle venait à se généraliser, porterait atteinte au développement de l'être humain qui serait réduit à des termes monétaires exclusivement.
Il faudrait ajouter à cela les femmes employées domestiques, les travailleurs en zones rurales, les prisonniers dans les zones de conflits armés. Les conditions d'exploitation sont généralement plus graves pour ces catégories de travailleurs. Certaines mafias tirent avantage de la situation et mettent en place des réseaux de prostitution, de trafic de drogue et d'échanges de prisonniers.
C'est une réalité que l'on constate surtout dans les pays en développement. Mais la solution n'incombe pas seulement à ces pays-là. Les solutions doivent être prises en concertation avec les pays industrialisés, qui doivent mener des actions concrètes, à savoir interdire la vente de produits qui sont le résultat du travail des enfants, confisquer les biens des entreprises lorsqu'il est prouvé qu'elles ont maille à partir avec la mafia aux fins de l'exploitation des travailleurs et sanctionner les gouvernements qui tolèrent les migrations clandestines.
Mais il n'y a pas que la répression. A la base, le travail forcé est aussi le résultat d'un manque de mesures préventives. Les pays doivent encourager le développement des personnes à l'intérieur de leurs propres frontières. Les gouvernements et les entreprises, associés dans le cadre de projets locaux, pourraient incorporer des avantages comparatifs dont disposent les diverses régions. A cet égard, les organisations représentatives de la société civile pourraient jouer un rôle très important quant à leur participation dans des projets de développement durable, visant à réduire le fossé entre les entreprises et les travailleurs.
Article publié dans l’Agefi-Suisse, www.agefi.com
Les conventions 29 et 105 du BIT qui traitent de l'élimination du travail forcé ou obligatoire sont les éléments de base qui permettent de lutter contre diverses formes d'exploitation des personnes. Leur application dépend de la volonté des organes juridictionnels de chaque gouvernement. La mondialisation, caractérisée par une concurrence sans limite des grandes entreprises, favorise l'exploitation des travailleurs. Si bien il y a des lois qui sont imposées par le marché et par les capitaux, il faut aussi reconnaître que le facteur humain-le consommateur final- est indispensable à la viabilité du circuit économique.
Quelles seraient les perspectives de la communauté internationale si on ne prenait pas les mesures nécessaires pour éliminer le travail forcé? Il faut que des mesures soient prises à temps si l'on ne veut pas être confronté à des problèmes énormes.
En ce qui concerne les enfants, le travail forcé est une des violations les plus flagrantes du développement de l'humanité. Obliger des enfants à travailler signifie porter atteinte à leur développement physique et psychologique, c'est en même temps les priver de leurs droits à l'éducation.
Les adultes, quant à eux, se sentent obligés d'accepter des salaires très bas et des conditions de vie précaires pour trouver tout simplement un emploi. Les migrations pour raisons économiques, en général, conduisent à établir des strates informelles et illégales dans les régions et les pays qui les accueillent. Cette situation, si elle venait à se généraliser, porterait atteinte au développement de l'être humain qui serait réduit à des termes monétaires exclusivement.
Il faudrait ajouter à cela les femmes employées domestiques, les travailleurs en zones rurales, les prisonniers dans les zones de conflits armés. Les conditions d'exploitation sont généralement plus graves pour ces catégories de travailleurs. Certaines mafias tirent avantage de la situation et mettent en place des réseaux de prostitution, de trafic de drogue et d'échanges de prisonniers.
C'est une réalité que l'on constate surtout dans les pays en développement. Mais la solution n'incombe pas seulement à ces pays-là. Les solutions doivent être prises en concertation avec les pays industrialisés, qui doivent mener des actions concrètes, à savoir interdire la vente de produits qui sont le résultat du travail des enfants, confisquer les biens des entreprises lorsqu'il est prouvé qu'elles ont maille à partir avec la mafia aux fins de l'exploitation des travailleurs et sanctionner les gouvernements qui tolèrent les migrations clandestines.
Mais il n'y a pas que la répression. A la base, le travail forcé est aussi le résultat d'un manque de mesures préventives. Les pays doivent encourager le développement des personnes à l'intérieur de leurs propres frontières. Les gouvernements et les entreprises, associés dans le cadre de projets locaux, pourraient incorporer des avantages comparatifs dont disposent les diverses régions. A cet égard, les organisations représentatives de la société civile pourraient jouer un rôle très important quant à leur participation dans des projets de développement durable, visant à réduire le fossé entre les entreprises et les travailleurs.
Article publié dans l’Agefi-Suisse, www.agefi.com


